Roland Narboux - La franc-maçonnerie a Bourges- Encyclopédie

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LES FRANCS MAÇONS A BOURGES DEPUIS 1945
Par Roland NARBOUX

Bourges, et la franc maçonnerie pendant la période de la seconde partie du XX ième siècle.

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LES LOGES DU CHER DANS L'APRES-GUERRE DE 1940

La difficile après-guerre
Les loges se multiplient
Les Francs-Maçons célèbres
Les résultats des travaux
Société Initiatique et Société de pensée

LA PERIODE DIFFICILE DE L'APRES-GUERRE

C'est par une ordonnance du 15 décembre 1943, signée de de Gaulle portant annulation de la loi du 13 août 1940, que renaît officiellement la Franc-Maçonnerie en France.

Dans les derniers jours de l'Occupation, un de ses frères les plus en vue, Bourlier sera fusillé par les Allemands tout près de Bourges. Le colonel Arnaud de Vogüe raconte l'épisode tragique :

" Le 31 août 1944, le sous-lieutenant Bourlier, seul avec un autre soldat, réussit par un coup de main extrèmement hardi à capturer près de Brécy une voiture d'état-major avec ses trois occupants, et à la ramener directement au P.C. du commandement F.F.I. du Cher-Nord. Parmi les papiers saisis sur un des officiers se trouvait l'ordre de marche de la XVIe Division, qui traversait précisément le département ce jour-là, avec indication des itinéraires de repli pour toutes les unités, des dates et des points de passage et de stationnement,... jusque dans la région de Beaune, où cette division devait se rendre. Cet ordre fut aussitôt remis, dans la soirée, à l'éat-major américain, siègeant à Orléans, qui put ainsi, durant les journées suivantes, faire harceler efficacement par l'aviation et les blindés la XVIe Division en retraite.
Malheureusement, quelques heures plus tard, l'auteur de cette brillante capture, le sous-lieutenant Bourlier, tombait aux mains des Allemands et était fusillé par eux la veille de leur départ de Bourges."

Barbier, c'était le nom de Résistant de Bourlier, commandait le groupe "Bir Hakeim" et était établi du côté de Turly.
La loge Travail et Fraternité va reprendre ses travaux après la guerre, la première réunion se déroule le10 décembre 1944, à Maison des Syndicats rue Michel de Bourges, en attendant la restitution du temple.
A la première réunion, sont présents : Marcel Soubret qui participe par ailleurs au Comité Départemental de Libération au titre des mouvements philosophiques. A ses côtés, Taizières, Alphonse Durand, Merlin, Votat, Fleury, Quitollet, Guillaume, Legay, Bailly René, Bailly Marcel, Gazé, Morin, Ernoux René, Ernoux Maurice, Dollet, Ancel, Tortel, Moreau, Rouzier, Poisson, Niepceron, Pontonnier, Beauchène, Delamarre, Julien Gaudry. Trois frères n'ont pas pu assister à cette première réunion, il s'agit de Bonnin, Magnon et Marc Gaudry.

Ce n'est que le 27 février 1945 que les frères de Travail et Fraternité retrouveront leur Temple.
Le problème d'alors était de survivre, c'est à dire de renaître et de recruter des francs-maçons. La guerre avait été une épreuve terrible pour une société de pensée, elle avait vue tous ses repères vaciller. Elle avait été classée parmi les causes de la défaite.

Dans cette période, que ce soit au plan national ou au plan local, la Franc-Maçonnerie subit une double crise :
- matérielle, elle perdu ses locaux qui ont été spoliés ou détruits, ainsi qu'assez souvent ses archives, (à Travail et fraternité, une partie des archives, dont les "livres d'architectures", sur lesquels sont consignés tous les comptes rendus ont été sauvés).
- morale, les 4 années de ténèbres ont porté un coup à la philosophie maçonnique qui croit en l'homme et se targue de considérer l'optimisme comme une vertu.

La toute nouvelle loge mixte, Pax Labore cherche à se reconstituer, et dès la Libération de Bourges en septembre 1944, ce fut la reprise de contacts, et les premières demandes de réintégration en maçonnerie. Mais il faudra attendre la fin de l'année 1946 pour que la Fédération Française Mixte Internationale du Droit Humain autorise officiellement la reprise des activités de Pax Labore à Bourges.

Il y avait une dizaine de membres, et ce sont des épouses de frères de la loge La Gauloise de Châteauroux qui vont venir progressivement "garnir les colonnes".

Et puis, sous l'Occupation, les comportements individuels des français et aussi des francs-maçons n'ont pas toujours été cohérents ou exempts de reproches.

Des francs-maçons ont eu des comportements exemplaires, d'autres lâches, et beaucoup indifférents. Sur des esprits faibles, dans une aussi difficile période, la propagande de Vichy aidant, certains ont flanché.
La Franc-Maçonnerie décide aussi, à la Libération de "faire le ménage" parmi ses membres, et les "frères" suspects de collaboration, plus ou moins active seront bannis de leur qualité maçonnique.

LES LOGES SE MULTIPLIENT DANS LE CHER

Les loges à Bourges et dans le Cher vont se multiplier, un peu à l'image de ce qui s'était fait juste avant le Révolution française de 1789.

La première loge à se créer, à côté de Travail et Fraternité, est une loge mixte, celle du Droit Humain, en 1937, elle prend pour nom "Pax Labore", elle accepte des hommes et des femmes. Elle occupe le même temple que la loge du Grand Orient de France, et il est fréquent, semble-t-il que des frères de travail et fraternité aient leur épouse dans cette loge.

Une autre loge apparaît au milieu des années 1970, il s'agit de Minerve, une loge du Grand Orient de France, dont les membres viennent de Travail et fraternité pour la plupart, il s'agit d'un essaimage. Comme souvent dans les sociétés initiatiques ou de pensée,, au dessus de 40 à 50 personnes, le travail n'est pas satisfaisant, et il y a lieu de créer une autre loge plus petite.

Depuis 15 ans, d'autres loges sont apparues à Bourges, sans que l'on sache trop les dates de constitution, il n'y a aucune archive déposée. Ces loges sont diverses, il y a une loge typiquement féminine, dépendant de la Grande Loge Féminine de France, elle a pour nom "De Pourpre et d'Azur", elle est installée le 5 octobre 1982 et elle fêtera ses 20 ans à la saint jean d'hiver de l'année 2002.

Une autre représentant localement La Grande Loge de France, elle a pour titre "Renaissance d'Aubigny", enfin une autre du Droit Humain, issue d'un essaimage de "Pax Labore" et qui a pris pour nom "Alpha à Oméga". Enfin, la seule loge berruyère reconnue par la maçonnerie internationale, et qui a un Temple dans un lieu différent de toutes les autres loges est intitulée "Jacques Coeur", elle appartient à l'Obédience de la Grande Loge Nationale Française.
Il y a sans doute encore une ou deux autres loges, mais c'est un domaine ou le renseignement et l'information ne sont guère abondant

A Vierzon et Saint Amand des loges sont aussi crées, il s'agit du "Boischaut Fraternel", pour Saint-Amand et "Des Amis de la Liberté" pour Vierzon pour le Grand Orient de France, alors que le Droit Humain a une loge à Vierzon appelée "Sphinx"..

LES FRANCS-MACONS CELEBRES

Au plan national, il est fréquent que des francs-maçons "se dévoilent" et parlent à la télévision ou écrivent des articles dans les journaux. Il est très rare qu'un franc-maçon en France et encore plus en Berry s'affirme appartenir à un ordre maçonnique.

Des hommes politiques répondent de temps à autre positivement à une question d'un journaliste, ce fut récemment le cas de Jean Poperen, ou d'Henri Caillavet, mais le plus souvent c'est une fin de non recevoir. A Serge Moatti qui venait de faire une émission de 3 heures sur la franc-maçonnerie à la télévision et à qui un journaliste demandait de confirmer son appartenance à l'Ordre, le réalisateur répondit : "si je l'étais je ne vous le dirais pas".

La France et le Berry, ce ne sont pas les Etats Unis, pays aux 5 millions de francs-maçons. Là-bas, dans une petite ville de province, grande comme Bourges, en plein Californie, le temple est au milieu de la place, et sur la porte, figurent les noms et adresses de tous les responsables de la loge, ainsi que la date des réunions. A Bourges, la franc-maçonnerie est très discrète et il est assez difficile de connaître des francs-maçons, certains le sont et ne le disent pas, d'autres ne le sont pas et affirment l'être.

 

Parmi les personnalités du département du Cher, au cours du XXe siècle, on peut citer :

- Abel Tortat, instituteur et auteur d'ouvrages locaux, mort en mai 1934

- Robert Lazurick, de Saint-Amand, il sera élu député, et deviendra le patron du journal l'Aurore.

- Jacques Mitterrand, aucun rapport avec le Président de la République. Il deviendra député de l'Union Coloniale, et plus tard Grand Maître du Grand Orient de France. Très à gauche, on dira de lui qu'il a ancré l'Ordre dans la laïcité et le désengagement colonial.
A Bourges, Jacques Mitterrand se fait élire dans les années 1950 au Conseil Municipal de Bourges. Il sera parmi les partisants de la gauche unie.

- Marcel Haegelen, gendre du Frère Boury, une cérémonie se déroulera à Travail et Fraternité le 11 juin 1950 lors de sa mort. Lorsqu'une plaque sera dévoilée dans l'avenue qui porte son nom, une délégation de Travail et fraternité sera présente.

- Raymond Beuzelin, instituteur, secrétaire départemental du SNI, il était de Charost et se définissait comme un"syndicaliste révolutionnaire" ou encore un vieux socialiste libertaire". Il entre en franc-maçonnerie en juin 1921, à la loge Travail et Fraternité.
Beuzelin représente dans l'entre-deux-guerre, le syndicalisme enseignant. Il fait une courte incursion au P.C.F. en 1927. Son action est souvent "agressive" d'après les rapports de police. Pendant le Front Populaire, il mènera une politique très critique envers la gauche. Il était pacifiste.
Il sera bientôt en difficulté avec sa loge, en effet, en 1935, il ne veut pas payer ses "cotisations tant que le Frère Chautemps sera franc-maçon"? Camille Chautamps était alors radical et parfois Président du Conseil..... Beuzelin quittera effectivement la franc-maçonnerie le 8 décembre 1935.

- René Boin sera fait franc-maçon à Paris dans la Loge "Jean Jaurès" en 1922. Il est candidat aux législatives de 1928.

- Albert Buisson, secrétaire du syndicat des préparateurs en pharmacie de Bourges en 1923 était herboriste. Il fut le principal animateur de la SFIO jusqu'en 1960 année de sa mort. Il était membre de la loge Travail et Fraternité depuis 1924.
Il est élu conseiller municipal en 1945 (?) et 1947, il emmène la liste SFIO avec le docteur Delamarre.
A la mort en fonction du maire de Bourges Henri Sallé, les élections de juin 1948 se déroulent et opposent André Cothenet à Albert Buisson ce dernier représente la SFIO et est soutenu par le PCF. Mathématiquement, Buisson aurait du être élu maire de Bourges, il est battu par 17 voix contre 16 voix par le RPF A. Cothenet, des radicaux n'ont pas voté à gauche.

- Paul Charbonnier, un des secrétaires de l'U.D. de la C.G.T., il s'occupait du syndicat national des instituteurs. Il n'était membre d'aucun parti, mais il se réclamait publiquement de son appartenance à la franc-maçonnerie, ce qui est assez rare. Il était entré à Travail et Fraternité en 1919.

- Jules Chègne, né à Bourges en 1875, il était ouvrier et surtout coopérateur. Il était socialiste et présidait le conseil d'administration de la Maison du Peuple. Il entre en franc-maçonnerie vers 1917.
Pour lui, seul la coopération et le syndicalisme peuvent conduire à la révolution sociale.

- Henri Coquard, était un socialiste pur et dur, ami du maire "gauchiste" Vaillandet, en 1900, il fut nommé concierge municipal.
Au début du siècle, Coquard fut vice-président de la Bourse du Travail, il était partisant des coopératives de consommation. Drôle de personnage, il était entré à Travail et Fraternité, et fut radié après avoir quitté son domicile et abandonné sa famille.

- Henri Debret, instituteur, entra en loge en 1905, il était adhérent au SNI.Il écrivait de lui-même : "Franc-maçon et marié civilement, petit-fils de déporté, je n'ai jamais séparé l'Ecole de la République, et ai toujours été l'adversaire convaincu de l'Eglise éternelle ennemie de tout progrès humain". Cette déclaration est typique des francs-maçons de cette époque.

- Augustin Durand, il serait né à Bourges le 8 décembre 1886. Il est présenté par M. Boin comme "vénérable de la loge de Bourges".
Il était syndicaliste, et militait aux Etablissements militaires de la Pyrotechnie jusqu'en 1907.On le trouve assez vite sur les listes électorales, comme aux municipales de 1908. Il fut secrétaire de la section socialiste de Bourges, et de la libre pensée. Pendant la guerre de 1914-18, il était resté secrétaire de la section socialiste et était hostile à l'union sacrée.
En mai 1919, il est élu sur la liste de Laudier, et se retrouve maire-adjoint de Bourges. Plus tard, Durand adhéra au parti communiste, mais il le quitta en 1923 lorsque le P.C.F. demanda à ses adhérents de choisir entre la franc-maçonnerie et le parti communiste.
Il meurt à Bourges le 23 juin 1969 (Arch. Dép du Cher 25 M 94)

- Louis Fredonnet, né à Bourges le 28 août 1875, il était typographe et dirigeant socialiste. Dès son jeune âge, il eut l'exemple de son père, un farouche anticlérical et créa en 1886, le premier groupe anarchique de Bourges.
Il fonda un journal, "La vertu", et après la guerre de 1914, il reconstitua le syndicalisme du livre.
Fredonnet était très à gauche, il adhéra au Parti Communiste, mais le quitta en 1923, car il entra dans la loge maçonnique de Bourges le 13 mai 1923, et comme d'autre, il eut à choisir entre la franc-maçonnerie et le P.C.F.
Il participa à la création d'Assurances sociales sous contrôle ouvrier, et constitua en 1939, la caisse ouvrière "Le Travail". "C'est le plus grand honneur de ma vie de militant" dira-t-il.
Après guerre, il s'occupa exclusivement de l'Amicale des Vieux du Cer, sous l'égide de la C.G.T., qui groupa 1300 adhérents.

- Jules Gaudichet, employé à la Pyrotechnie, était dirigeant du syndicat unitaire, il fut franc-maçon à partir de 1924.

- Pierre Hervier, né et mort à Bourges (1868 - 1950), Il fut secrétaire fondateur de la Bourse du Travail, c'est lui qui organisa le mouvement syndical dans le Cher entre 1897 et 1914. Pendant la guerre, il se prononça pour l'Union sacrée. Il fut élu conseiller municipal de Boirges en 1919.
Il adhéra à la loge maçonnique de Bourges, et déclara plus tard, "Camarade, je vous informe que j'ai quitté la Loge maçonnique de Bourges à la date du 31 décembre 1924 et, qu'à dater du 1 er janvier 1925, je demande à adhérer au parti communiste. Les camarades Maurice Boin et Venise Gosnat ont bien voulu être mes accréditeurs en cette circonstance". (Emancipateur du 10 janvier 1925)
Au Congrès de l'Union Départementale, CGTU en janvier 1925, il fut accusé d'avoir quitté la franc-maçonnerie et d'avoir rejoint le parti communiste afin de ne pas perdre sa place.

- Bernard Pilorget, militant anarchiste et syndicaliste, il était peintre sur porcelaine à Foëcy, avant la guerre de 1914, ilétait "un meneur dangereux, capable de prêcher la desertion et la grève générale au moment d'une mobilisation" dira le préfet du Cher. Pendant le conflit, il distribue le Libertaire. Il s'établit comme artisan, mais resta anarchiste. Il sera initié à la Loge Travail et fraternité en novembre 1923.

- Jacques Bourlier, résistant.

Les archives ne sont disponibles que jusqu'à la dernière guerre, il n'est donc pas possible, sur le plan historique de donner davantage d'informations crédibles.

LES RESULTATS DES TRAVAUX

Il n'est pas possible d'obtenir les résultats des travaux réalisés dans les temples par les francs-maçons au plan local. La franc-maçonnerie, dans ce cas de figure est une société complexe qui possède un exécutif et un législatif et une loge n'a pas le droit de parler au nom de l'Ordre tout entier.

Les études réalisées sont "remontées" à Paris et parfois publiées par la presse ou dans les revues des obédiences.

Au plan local, de manière régulière, il y a des conférences, avec un orateur qui est souvent le Président de l'obédience. Cela se produit tous les deux ou trois ans, c'est une réunion publique et... gratuite. L'objectif semble être de démystifier la franc-maçonnerie, de montrer que c'est une société comme les autres, qu'elle travaille, mais que la prudence impose une certaine discrétion.

Sur les grands faits de société, comme la laïcité ou le racisme, les loges locales font paraître des communiqués, rappelant la position des francs-maçons sur ces sujets de société. Par contre, localement il n'y a jamais eu de prise de position sur les problèmes politiques, lors d'événements ou d'élections.

Dans les questions travaillées à Bourges, certaines archives montrent les titres des études :
1937 : "L'organisation des loisirs pour les enfants, pour les jeunes gens et pour les adultes".
1938 : "La réforme de la représentation populaire est-elle souhaitable ?"
1948 : La civilisation européenne est-elle en décadence, causes et remèdes".
"Le F Ros. signale que la civilisation européenne se meurt en raison de sa diversité, il faudrait qu'elle soit unifiée et qu'il n'y ait qu'un seul pays".

1949 : "les droits et les devoirs des individus dans la société moderne".
1950 : "Respect de la laïcité par le corps des assistantes sociales dans les diverses oeuvres sociales".

SOCIETE INITIATIQUE ET SOCIETE DE PENSEE

De ce que l'on sait, la Franc-Maçonnerie reste une des rares société initiatique, pour y entrer, il ne suffit pas de prendre une carte et de payer sa cotisation annuelle. C'est à la fois plus complexe et plus profond.
Il apparaît que la maçonnerie berrichonne du Cher va osciller pendant le demi-siècle qui suit la guerre entre un renfermement sur elle-même et une volonté de s'extérioriser ou de revaloriser son image qui subit parfois le sort de société "mafieuse", lorsque sur le plan national il en est question.

CONCLUSION PROVISOIRE

Après une telle étude, il apparaît se dégager quelques éléments importants dictés par l'histoire de la Franc-Maçonnerie dans le département du Cher :

- Il est très difficile d'obtenir des archives et beaucoup de zones d'ombres subsistent, des documents ont été dispersés, d'autres détruits. La Franc-Maçonnerie est une société qui reste très discrète.

- Le Berry et plus particulièrement le Cher ne sont pas des fiefs importants de la Franc-Maçonnerie. Pendant les grands moments où l'Ordre, par l'intermédiaire de "frères" dans les gouvernements, a été proche du pouvoir au niveau des idées, il n'y a pas eu de synergie pour développer un maçonnerie locale. Sur ce plan, les berrichons apparaissent assez timorés.

- Dans les périodes étudiées, le Cher n'a pas eu de "grands Francs-Maçons", ceux-ci étaient dans les allées du pouvoir local, municipal ou départemental, mais rarement au tout premier plan.

Comment expliquer ce phénomène ? On peut trouver plusieurs types d'explications, c'est d'abord le double poids dans le Cher de l'influence cléricale, le clergé a toujours été très puissant, et il n'a jamais porté la Franc-Maçonnerie en odeur de sainteté, "les Francs-Maçons ne sont-ils pas plus ou moins excommuniés" ? le second type d'influence, c'est la gauche de type "communiste" pour qui la Franc-Maçonnerie est un rassemblement de bourgeois plus ou moins fréquentables.

Mais la Franc-Maçonnerie est aussi une société de pensée, avec un rituel et d'importants travaux sur le symbolisme. Les berrichons ne semblent pas très portés sur des recherches philosophiques ne débouchant pas forcément sur du concret. Ils n'ont pas tendance à se porter vers les sociétés de pensée.

Et enfin la suite de l'étude avec La Franc-maçonnerie moderne à Bourges de 1950 à 2014.

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