Les inondations et le climat de Bourges
n'ont jamais fait l'objet d'études importantes. Pourtant,
la ville est entourée d'eau.
Les inondations sont connues à
Bourges même si elles ne font pas l'histoire de la cité.
Il y eut celle de 1856, et plus tard celle de 1897. Mais c'est
la crue de 1910 qui va rester dans la mémoire collective,
par son importnace mais aussi parce qu'il y a eu de très
nombreuse photos transformées en cartes postales, diffusées
à de nombreux exemplaires.
LES INONDATIONS DE 1910
Parmi les faits qui ont marqué
cette période, il en est un qui restera dans toutes les
mémoires, c'est le douloureux épisode des inondations
de janvier 1910, avec une journée particulièrement
difficile, celle du 22 janvier.
Tout commence au début de l'année, les eaux montent
dans tout le pays, Paris et le zouave du Pont de l'Alma, qui
était berrichon, étaient dans l'eau... tout comme
la ville de Bourges.
L'Auron était
déjà très haut, mais dans la matinée
du 22 janvier, il y eut une légère accalmie. Cela
ne dura pas, vers quatre heures de l'après midi, "le
niveau d'eau s'accrut de nouveau avec une extraordinaire rapidité".
Cette recrudescence s'expliqua par
l'arrivée dans Bourges des eaux gonflées de la
Voiselle. La catastrophe était là !
En
une heure, les eaux montèrent de plus de 30 centimètres,
tout le quartier des Ribauds était inondé, le cours
Chanzy, la route de la Chaussée de la Chappe. Le quartier
d'Auron est lui aussi dans l'eau. Le "Journal du Cher"
signale : "il est extraordinaire, étant donnée
la violence du courant, que l'on n'ait pas eu d'accident à
enregistrer". Le boulevard de la République et l'avenue
de la gare sont dans l'eau, les tramways sont à l'arrêt.
Les voyageurs débarquant des trains ont dû se rendre
à l'intérieur de la ville en passant par le boulevard
Gambetta.
La peur se concrétisa encore
avec l'écroulement d'une école siruée cour
Chertier , dans le quartier de la Voiselle. Mais il n'y eu pas
de panique. Le calme légendaire des Berruyers avait opéré.
La municipalité, dès la première heure "est
entrée en pourparler avec l'autorité militaire
pour tenter d'établir une sorte de pont pour traverser
la nappe d'eau de la rue de la Gare. Le service du génie
n'avait pas de matériel!" Finalement dans l'après
midi, on organise un service de transbordement au moyen d'une
voiture d'attelage de tramway, traînée par un cheval.
Plus tard, on mit deux prolonges d'artillerie, dans lesquelles
les piétons purent prendre place "gratuitement".
Ce transport note un journaliste "a obtenu un grand succès,
et quantité de personnes se sont fait passer ainsi, les
unes par nécessité, la plus grande partie des autres
par amusement".
Dans les heures qui suivirent ces événements,
la situation se stabilisa, ce fut une longue attente et il y
eut même une accalmie. Mais les pluies se mirent à
redoubler dans la nuit du 25 au 26 janvier, puis le lendemain
27 janvier.
Et contrairement à ce qui se
passait dans des temps plus lointains, les eaux ne reculèrent
pas, et début février, ce sont les Marais du Haut,
du côté des Ribauds qui sont sous l'eau. Cela va
durer jusqu'au 15 février 1910, avec le vrai début
de la décrue. Les dégâts étaient considérables
dans de nombreux quartiers de la ville.
Pour tenter de récupérer
quelque argent afin d'aider les sinistrés et effacer les
mauvais souvenirs de ces crues, la municipalité berruyère
mit sur pied la Fête du Grand Argentier. Un concours fut
lancé pour déterminer la teneur et le programme
de cette fête. Parmi les 15 projets reçus, le choix
des édiles se porta sur :"le cortège historique
de la vie de Jacques Coeur à Bourges".
Par la suite, à la fin du mois de
novembre 1910 puis en février 1911, va se poser le problème
des indemnités et cela va donner de longs débats
au Conseil municipal où le maire Paul Commenge va s'opposer
à un de ses conseillers municipal, M Demmer.
La commune de bourges va recevoir la somme
de 4730 francs et faire appel de ces décisions du préfet,
et la ville sera déboutéée de sa demande.
D'autres inondations ?
Il est certain que 1910 représente
la crue dite centenale, mais le souvenir des berruyers ne va
pas jusqu'à en trouver d'autres.
Lorsque vous posez la question, beaucoup
se souviennent de la crue de Bourges de mai 2001, avec les inondations
du bas du quartier du Val d'Auron. Mais il s'agissait d'une crue
assez moyenne touchant essentiellement l'Auron, alors que le
niveau de l'Yèvre était stable.
contributions :
Les inondations. Vous dites que les
Berruyers ne se souviennent pas d'en avoir revu depuis 1910.
Or je crois me souvenir qu'étant enfant, âgé
de 5 ou 6 ans, donc vers 1932/33, j'ai vu une inondation entre
le pont d'Auron et le moulin de la Chappe, en face du bassin
aux péniches, des bancs de bois disposés bout à
bout de façon que les gens puissent passer. Cela m'avait
beaucoup impressionné.
Robert Lechêne