Bourges reçoit, comme toutes les
villes de France la télévision. Ce sera la première
chaîne en noir et blanc puis la seconde et enfin les 6
chaînes classiques, sans oublier aujourd'hui la TNT.
Mais la cité de Jacques Coeur a
eu avec la télévision des relations assez tumultueuses...
et ça dure encore !
Le journal télévisé
se fait à Bourges !
En juin 1965, Bourges reçoit son
second ministre, c'est Alain Peyreffite qui vient inaugurer
le premier journal télévisé du Centre.
Il passe par Neuvy-les-deux-Clochers afin de visiter les installations
techniques des émetteurs. Il arrive dans Bourges à
16 h 25 et prend contact avec M. Pelloquin, le directeur et rédacteur
en chef du nouveau Journal Télévisé qui
s'adresse à 2 millions d'habitants.
C'est le 18e créé en France,
et il se fera en liaison avec la presse régionale. Monsieur
François Archambaut, pour la Nouvelle République,
sera présent.
Comme l'explique alors M. Pierre Potier, "cette heureuse
localisation des activités de l'Office de Radiodiffusion
Télévision Française "....
n'a été possible qu'après la mise à
disposition d'une salle de 120 mètres carrés située
au second étage de la Maison de la Culture. Une Convention
portant le numéro El-23-65 sera signée entre la
Ville de Bourges et l'O.R.T.F.
Le ministre de l'information évoquera "la mission
de culture, de paix et de pénétration pacifique
des esprits".
Les studios seront installés dans
les locaux de la Maison de la Culture, et une des premières
tâches sera de trouver.... une speakerine ! 183 candidates
seront auditionnées. Le choix final portera sur deux :
Christine Cauvin, 22 ans, et Nathalie Nançay, 20 ans.
Le Préfet, M. Escande, s'entretiendra
avec le ministre. Le pouvoir en place, plus que tout autre sous
la Ve République, avait une haute idée du rôle
du Préfet, comme représentant du gouvernement.
Mais ces studios ne resteront que quelques
années et le JT du Centre s'en ira vers Orléans,
comme d'habitude !
La télévision locale
arrive a Bourges
Bourges, non satisfait de la radio qui
fonctionne bien avec Recto Verso, va lancer deux opérations
de télévision locale au milieu des années
1980.
La première dans le cadre du Printemps de Bourges, s'appelle
alors Télé Printemps, elle dure le temps
du festival de l'année 1986. C'était très
"amateur", mais les vedettes du Printemps se succédaient
dans la "petite lucarne berrichonne".
Le réalisateur était Gérard
Espinasse qui réalise toujours des émissions et
des informations du France 3.
Il fallait bien entendu trouver sur quel
canal aller et beaucoup ont découvert cette télévision
locale le dernier jour d'émission. Le studio était
situé dans un des hall du Parc Saint Paul. Il y eu de
"grands moments", avec tous les artistes visibles ces
jours-ci.
Seconde expérience : Canal
31
La seconde expérience, crée
à l'initiative de Claude Forget, Alain Philippe et Thierry
Benoît avec la participation financière de Jean
Marie Delattre s'est appelée Canal 31, car il fallait
brancher son antenne sur 31.
Ce
fut une télévision locale, donc de proximité,
avec des reportages dans les rues de Bourges, des débats,
et beaucoup d'invités, la météo d'Alexandre
Toussaint devenant une des séquences les plus regardées
..
De nombreuses séquences, et aussi
du directe. Un magazine des sports avec Alain Philippe et
Claude Forget
Roland Narboux faisait une rubrique intitullée
"Un jour, une rue" et chaque jour, c'était enregistré,
il présentait la rue Mirebeau ou la rue d'Auron en images.
C'était assez réussit. Flora Pace faisait les reportages
sur le jardinage, et Paul Barbier évoquait les années
60.
Pour les reportages, car il fallait faire
parler les berruyers, il y avait 2 personnes, un reporter et
un caméraman qui tenait la grosse caméra et faisait
le son. Et en plus il fallait aller vite.
"Nous tournions pour les rues
de Bourges une heure pour en sortir une minute. Alors, les séquences
de 3 ou 4 minutes prenaient tout simplement trois ou quatre heures
!"
Mais la télévision coûte
beaucoup plus cher que la radio, environ 10 fois plus, et les
financements locaux des firmes comme Carrefour qui joua le jeu
s'avérèrent insuffisants, la télévision
locale ne dura que l'instant de rêver.
Le réalisateur fut Bouchard-Lévêque,
un canadien remarquable à l'accent superbe. Les studios
étaient dans la salle des Dames de France à la
place des studios de radio qui avaient été poussés
un peu plus loin.
Le magasin Record avait de son côté
mis en place un véritable mur d'écrans qui diffusaient
tous Canal 31. L'émission principale de Claude Forget
était un "talk-Show" qui était rediffusé
plusieurs fois dans la journée, après être
passé en direct vers midi.
La télévision canal 31 ne
fut autorisée par le CSA que pour être diffusée
2 semaines, et même si chacun tira un peu sur la ficelle,
au bout de 3 semaines, ce fut terminé.
L'équipe était totalement
"crevée", et ce sera le début de la fin
de la radio Recto Verso, car il s'agissait des mêmes volontaires;
Beaucoup étant des bénévoles.
Aujourd'hui, il n'y a plus de télé
à Bourges
Il n'y a plus de télévision
à Bourges. FR3 a une équipe, parfois deux, mais
elle est totalement absente de la ville. Il faut que les événements
soient très négatifs pour qu'elle intervienne.
Ainsi pour les Nuits Lumière de
Bourges, en 7 ans, aucun reportage par l'équipe locale.
Cela reviendra sans doute un jour, le jour
où les reporters locaux "aimeront la ville".